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Section du Lot et Garonne

Photographie de la dernière activité

Obsèques de Marcel GARROUSTE

La fin de l'été 2021 est marqué par une série de décès de Membres de la Légion d'honneur... Après nos compagnons Henri CARIOU et Robert REVEILLON, c'est Marcel GARROUSTE qui vient de nous quitter le 5 septembre, alors qu'il avait fêté ses 100 ans au mois d'avril dernier. Un dernier hommage lui a été rendu le mercredi 8 septembre à Penne d'Agenais, dans un premier temps devant la mairie, puis dans un deuxième temps en l'église Notre Dame du Mercadiel.
Marcel GARROUSTE est né le 22 avril 1921 à Trémons (Lot-et-Garonne). Il était très attaché à la langue d'oc qui était «sa langue maternelle» et précisait «j'entendis la langue française pour la première fois le jour où je mis le pied à l'école». Scolarisé à l'école de Trémons, il était fier d'avoir obtenu son certificat d'études primaires en 1932, à une époque où «Les meilleurs élèves, à peine la moitié d'une classe d'âge, arrivaient au certificat d'études». Sa scolarité s'arrête là, ses parents considérant qu'il en savait «bien assez pour exercer le métier de paysan auquel j'étais destiné». A partir de onze ans, il apprend donc le métier de paysan : «je travaillais la terre du matin au soir avec mon père».
.A seize ans, ayant la «conviction que sa génération n'échapperait pas à une nouvelle confrontation avec l'Allemagne», il se lance dans le brevet de préparation élémentaire au service militaire qu'il obtient en 1938 dans la spécialité de télégraphiste.
A 18 ans il signe un contrat d'engagement de trois ans au 41è régiment du Génie de Casablanca qu'il rejoint en juillet 1939. Fin novembre, il fait partie d'un détachement de son régiment qui va renforcer les troupes à Tunis, puis en mars 1940 dans l'oasis de Gafsa. Il y tombe malade (congestion pulmonaire) et après traitement est envoyé en convalescence au domicile familial de Trémons. Quelques jours après son arrivée, l'Allemagne envahit la Belgique et les Pays-Bas et «le 17 juin, Pétain lança à la radio l'ordre de cesser le feu tandis que, le lendemain, le général de Gaulle appelait les français à continuer le combat à ses côtés».
Du fait de son contrat d'engagement, il n'est pas concerné par les Chantiers de jeunesse, ni par le Service du travail obligatoire (STO). Démobilisé en 1942, il rejoint l'exploitation de ses parents.
En 1944, à la Libération, le nouveau maire de Trémons le recrute comme secrétaire de mairie. Puis le 1er mars 1945, il est nommé secrétaire général de la mairie de Penne d'Agenais après un concours sur titre. C'est cette fonction qui l'amène à s'occuper de l'Hospice de Penne dont il assure le secrétariat de la commission administrative.
En 1945 débute son engagement politique au sein du parti socialiste. Il est élu membre de la commission administrative du PS, puis secrétaire fédéral.
En 1953, il est élu conseiller municipal à Penne d'Agenais. Il quitte ses fonctions de secrétaire de mairie pour devenir à temps plein directeur-économe de l'Hospice et s'attache pendant les trente années qui suivent à le restructurer, l'agrandir et le moderniser.
En 1971, il devient maire de Penne d'Agenais, fonction qu'il occupe jusqu'en 1983. En 1976, il est également élu conseiller général du canton de Penne d'Agenais, mandat qu'il exerce jusqu'en 1982.
En septembre 1977, il quitte la direction de l'Hospice pour se consacrer à sa campagne électorale et est élu député de la 3ème circonscription de Lot-et-Garonne en 1978. Réélu en 1981, il exerce ce second mandat jusqu'en 1986. Il est ensuite réélu député en 1988. Il siège à l'assemblée nationale jusqu'en 1993.
Il est fait chevalier de la Légion d'honneur par décret du 31 décembre 1997 sur proposition du ministre des Relations avec le Parlement. Sa croix de chevalier de la Légion d'honneur lui est remise par son ami Daniel VAILLANT, alors ministre de l'Intérieur. Il est promu officier de la Légion d'honneur par décret du 31 décembre 2013 et sa croix d'officier de la Légion d'honneur lui est remise, en 2016, par Louis MEXANDEAU, ancien ministre.
Tout au long de sa vie il n'a cessé d'apprendre et d'étudier, suivant les cours de droit civil et de droit constitutionnel de l'École nationale d'administration municipale, s'inscrivant aux cours de capacité en droit de la faculté de Droit de Toulouse, puis de Bordeaux, poursuivant ensuite le cursus de la licence en droit, puis de la maîtrise, tout en s'inscrivant en histoire à la faculté de Lettres. Après la maîtrise, il se lance dans une thèse qu'il doit cependant abandonner en raison de ses charges de travail, en se promettant de la reprendre à sa retraite... ce qu'il fait effectivement en 1993 après avoir renoncé (à 72 ans) à se présenter pour un nouveau mandat de député. C'est ainsi qu'en 1997, à 76 ans, il soutient sa thèse de docteur en Droit à la faculté de Bordeaux !
Sa retraite lui permettra également d'écrire et de consacrer du temps à des travaux au sein de l'Académie des Sciences, Lettres et Arts d'Agen, et à des conférences au profit de l'Université du Temps Libre de Villeneuve-sur-Lot.
Laissons-lui le mot de la fin : «A la veille de mon centième anniversaire et au moment où je vais quitter ce monde, je crois devoir essayer de dresser un bilan sommaire de ma vie, essayer de dire ce que j'ai cru, à tort ou à raison, dire aussi que j'ai toujours eu le souci d'être utile à mes proches et plus généralement à l'ensemble de mes concitoyens».

N.B. : Les textes en italique sont extraits de l'ouvrage «Un paysan à l'assemblée nationale» de Marcel GARROUSTE, publié aux éditions PH&P – Pays, Histoire et Patrimoines.


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